Comment trouver, créer et vendre son premier SaaS en freelance : le guide complet 2026
En 2026, créer un SaaS n'est plus réservé aux développeurs. Avec le vibe coding, n'importe quel freelance peut transformer sa méthode en logiciel en un week-end. Mais trouver la bonne idée, trouver le temps de le construire, et surtout gagner de l'argent avec — c'est là que tout se joue. Louise Bruneau, Amandine Juste et Thomas Sanlis ont répondu à ces trois questions lors d'un épisode de Solo Nation. Voici ce qu'il faut retenir.
Pourquoi un freelance devrait créer son propre SaaS
Il y a trois raisons de créer un SaaS quand on est freelance, et elles n'ont rien à voir avec l'idée de "devenir millionnaire avec son logiciel".
Raison 1 : te faire gagner du temps. Amandine Juste a construit un SaaS de réservation pour son studio de podcast. Elle ne le vend pas à l'extérieur. Elle le met à disposition de ses propres clients, qui réservent, choisissent leur décor, paient en ligne sans qu'elle soit disponible. Résultat : plusieurs heures économisées par semaine, et la fin des échanges de mails à rallonge pour confirmer une date.
Raison 2 : te faire gagner de l'argent directement. Louise Bruneau travaille pour les musées et parcs de loisirs. Elle a créé un SaaS d'analyse des ventes pour ses clients. Ce qu'elle faisait avant à la main sur Excel pendant des heures (tableaux croisés dynamiques, benchmarks, recommandations) est maintenant intégré dans l'outil. Elle vend l'accès à ses clients entre 100 et 300€ par mois selon la taille de leur structure. Zéro délivrance supplémentaire de sa part.
Raison 3 : créer un actif qui travaille pour toi. Thomas Sanlis a lancé Uneed, une plateforme de lancement pour produits tech, qui génère 300 000$ de CA annuel. 92% de son service client est automatisé. Il vit au Mexique. Son SaaS tourne sans lui.
Ces trois modèles ne sont pas exclusifs. Et le plus accessible pour commencer, c'est souvent le premier : un outil pour tes propres clients ou pour toi-même.
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Étape 1 : trouver la bonne idée (sans se tromper de marché)
La règle numéro un de Thomas Sanlis : ne pas essayer de révolutionner le monde. Le meilleur SaaS est celui qui résout un problème que tu as toi-même, ou que tes clients te remontent sans arrêt.
Le piège le plus classique : partir sur un marché qui n'existe pas encore. Tu crées quelque chose d'innovant, génial, jamais vu. Et tu passes des mois à expliquer à des clients potentiels pourquoi ils en ont besoin. Mauvaise idée.
La meilleure source d'idées de SaaS, c'est ton activité freelance actuelle. Pose-toi ces questions :
Qu'est-ce que tu fais à la main et qui te prend trop de temps ?
C'était le point de départ d'Amandine Juste. Elle gérait ses réservations sur Notion, manuellement. Le SaaS a remplacé ce travail sans qu'elle ait à embaucher quelqu'un.
Qu'est-ce que tes clients te demandent de faire en mission qui revient toujours ?
C'était le point de départ de Louise Bruneau. Ses clients musées et parcs lui demandaient toujours les mêmes analyses. Elle a automatisé ces analyses dans un outil et leur a vendu l'accès.
Quelle tâche dans ton activité te coûte le plus cher en logiciels externes ?
C'est une idée de SaaS très sous-estimée : créer toi-même l'outil qui remplace 3 ou 4 abonnements SaaS que tu paies déjà. Amandine a évité de payer un logiciel de réservation, et l'outil est exactement adapté à son cas d'usage, sans les fonctionnalités inutiles.
L'idée de Thomas : tester avant de construire. Avant de lancer un SaaS à vendre, il recommande de montrer l'idée à 10 clients potentiels. Pas avec une présentation. Avec une description du problème qu'il résout. Si 3 d'entre eux demandent "quand c'est dispo ?", tu tiens quelque chose.
Pour t'aider à trouver ton idée de SaaS selon ton activité, j'ai créé un simulateur gratuit : teste-le ici.
Étape 2 : trouver le temps de construire (sans abandonner ses missions)
Le deuxième obstacle que tout le monde mentionne : "je n'ai pas le temps". La vraie question, c'est comment découper le temps disponible pour avancer sans tout sacrifier.
Thomas Sanlis a mis 4 ans avant de voir ses premiers revenus significatifs avec ses SaaS. Pas 4 ans de construction à plein temps. 4 ans de construction en parallèle de ses missions. La durée peut décourager. Mais la méthode, elle, est réplicable.
La méthode des petits bouts (Louise Bruneau).
Louise n'a pas pris de congés pour construire son SaaS. Elle a grappillé du temps entre deux missions, le week-end, en soirée. Résultat : 80 heures de travail total, réparties sur plusieurs semaines. Ce n'est pas rien, mais c'est accessible si tu le planifies.
La méthode du sprint intense (Amandine Juste).
Amandine a attendu d'avoir quelques jours libres pour se concentrer à 100% sur son SaaS. Deux à trois heures par jour pendant dix jours. Une trentaine d'heures au total pour une version fonctionnelle.
Ce que je ferais si je recommençais : finir ses engagements existants avant de se lancer. Ou négocier une mission moins intense sur une période donnée. Lancer un SaaS la nuit pendant qu'on délivre à plein régime le jour, c'est possible mais épuisant. La version idéale, c'est de se donner un "sprint de création" de 2 à 3 semaines avec moins de charge client.
Un conseil de Thomas sur le timing : construire la version minimale en premier, la montrer à des gens en deuxième. Pas à tes amis qui vont te dire que c'est super. À des clients potentiels qui ont le problème. Et intégrer leurs retours en troisième. Si tu construis pendant 3 mois sans montrer à personne, tu construis dans le vide.
Étape 3 : choisir son outil de vibe coding
On peut créer un SaaS en un week-end. Thomas Sanlis confirme, et il en a lancé plus de 30. La technique n'est plus le problème. Le choix de l'outil mérite réflexion.
Les trois outils principaux que nous utilisons dans l'Incubateur :
Base44 : le plus accessible pour commencer. Interface visuelle, pas de configuration technique, résultat immédiat. Idéal pour les non-techniciens complets.
Claude Code : plus puissant, permet plus de personnalisation. J'ai utilisé Claude Code pour créer l'application de gestion de l'Incubateur Solopreneur. Légèrement plus de complexité à l'entrée, mais aucune limite côté fonctionnalités.
Lovable, Bolt, Replit : d'autres options que Thomas utilise selon les projets. Bolt est rapide pour les prototypes, Replit pour les projets plus techniques.
La règle : peu importe l'outil, ce qui compte c'est la clarté de ce que tu veux construire. Plus ta description du problème est précise, meilleur sera le code généré. C'est ça, la vraie compétence du vibe coding.
J'ai détaillé ma propre expérience avec Claude Code dans cet article sur le vibe coding pour solopreneurs. Et Amélie Starace raconte comment elle a créé son SaaS en 48h avec Base44 dans ce retour d'expérience complet.
Étape 4 : gagner de l'argent avec son SaaS
C'est la question que tout le monde évite de poser clairement. Et pourtant, c'est celle qui sépare les SaaS qui restent des projets hobby de ceux qui deviennent de vrais revenus.
Il y a quatre façons de gagner de l'argent avec son SaaS en freelance. Elles ne s'excluent pas.
Modèle 1 : te faire gagner du temps = te faire gagner de l'argent indirectement.
Si ton SaaS élimine 5 heures de travail administratif par semaine, c'est 5 heures que tu peux facturer à tes clients ou consacrer à ton développement. Amandine Juste n'a pas augmenté son CA directement avec son SaaS, mais elle a réduit ses charges et libéré du temps. C'est un gain réel.
Modèle 2 : le vendre à tes clients existants.
C'est le modèle de Louise Bruneau. Elle n'a pas cherché de nouveaux clients pour son SaaS. Elle a proposé l'accès à des clients avec qui elle travaillait déjà. La relation de confiance était là. La vente était facile.
Modèle 3 : l'utiliser comme canal d'acquisition.
Mon propre SaaS de gestion de l'Incubateur me permet de voir quels membres sont les plus actifs et de leur proposer des upsells ciblés. En deux semaines d'existence de cette fonctionnalité, j'avais réalisé 9 000€ de ventes supplémentaires. Le SaaS ne génère pas de revenus directement. Il amplifie les revenus existants.
Modèle 4 : le vendre à une audience externe.
C'est le modèle de Thomas avec Uneed. C'est le modèle le plus ambitieux et le plus long à rentabiliser. Thomas a mis 4 ans. Mais c'est aussi celui qui crée le plus de scalabilité.
Le pricing : ne pas se brader
L'erreur la plus courante des freelances qui lancent un SaaS : fixer un prix trop bas parce qu'ils ont peur de ne pas trouver de clients.
La règle de Thomas : regarde ce que tes concurrents facturent. Pas pour copier exactement leur prix, mais pour ne pas te retrouver à facturer 10x moins pour les mêmes fonctionnalités. Si des outils similaires se vendent à 50€/mois, commencer à 5€/mois ne t'attire pas de clients supplémentaires. Ça t'attire des clients qui ne valorisent pas ton travail.
Le B2B est le marché le plus intéressant pour un freelance qui lance son premier SaaS. Louise Bruneau vend entre 100 et 300€ par mois à des musées et parcs de loisirs. Parce que c'est le prix que ses clients sont prêts à payer pour des gains de performance réels.
L'offre de lancement lifetime : une tactique qui fonctionne bien pour les premiers utilisateurs. Un accès à vie pour un prix fixe (exemple : 300€ une fois, contre 50€/mois sinon). Ça crée de l'urgence, ça génère du cash immédiatement, et ça te donne tes premiers utilisateurs sans avoir à faire de la pub.
Les 5 idées reçues sur le SaaS solopreneur
Pendant l'émission, on a joué au "vrai ou faux" sur les SaaS. Voici les affirmations qui ont créé le plus de débat.
"On peut sortir un SaaS en un week-end."
Vrai, mais avec des nuances. Thomas confirme : aujourd'hui, avec le vibe coding, quelques heures suffisent pour une première version. Louise et Amandine ont mis respectivement 80h et 30h pour des versions abouties. C'est un week-end si tu sais exactement ce que tu veux construire.
"Un SaaS, c'est des revenus passifs."
Faux. Il faut le vendre. Il y a des bugs à corriger. Des clients à gérer. Des fonctionnalités à améliorer. C'est un modèle scalable, pas un modèle passif. La nuance est importante.
"Sans audience, inutile de lancer un SaaS."
Partiellement faux. Louise Bruneau n'a pas d'audience au sens classique du terme. Elle a un réseau de clients B2B et elle vend directement à eux. Pour le B2C, l'audience aide beaucoup, mais ce n'est pas une condition absolue si tu es prêt à faire de la prospection directe.
"Dans 2 ans, tous les freelances auront leur SaaS."
Probable. Le vibe coding rend la création accessible à n'importe qui. La vraie barrière ne sera plus la technique. Ce sera l'idée, la vente, et la rigueur pour itérer.
"Il faut être développeur pour lancer un SaaS."
Complètement faux en 2026. Louise Bruneau, Amandine Juste, Amélie Starace et moi-même en sommes la preuve.
FAQ — Créer son SaaS en freelance
Par où commencer quand on n'a aucune idée de SaaS ?
Commence par lister les 5 tâches répétitives que tu fais chaque semaine dans ton activité. Parmi elles, laquelle te prend le plus de temps pour un résultat prévisible ? C'est souvent là que se trouve ton premier SaaS. Le simulateur gratuit que j'ai créé peut t'aider à trouver 3 idées concrètes en 3 minutes : teste-le ici.
Faut-il vendre son SaaS avant de le construire ?
Idéalement, oui. Thomas le répète : construire sans valider que des gens sont prêts à payer, c'est l'erreur classique. Présente ton idée à 10 clients potentiels. Si 3 demandent quand c'est disponible, construis. Si personne ne réagit, ton idée ou ta cible n'est peut-être pas la bonne.
Combien de temps faut-il pour avoir ses premiers revenus ?
Ça dépend du modèle. Si tu vends à tes clients existants (modèle Louise Bruneau), tu peux avoir tes premiers abonnés dans les premières semaines. Si tu crées un SaaS à audience externe (modèle Thomas), compte plusieurs mois voire plus d'un an.
Est-ce qu'on peut créer un SaaS sans audience ?
Oui, si tu vises le B2B et que tu as déjà des clients ou un réseau dans ce secteur. Louise Bruneau le prouve : pas d'audience LinkedIn ou Instagram, des clients directs. Pour le B2C, l'audience aide beaucoup, mais ce n'est pas une condition absolue si tu es prêt à faire de la prospection directe.
Quel est le meilleur outil pour commencer son SaaS en vibe coding ?
Base44 pour les débutants complets : interface visuelle, pas de configuration. Claude Code pour plus de puissance et de personnalisation. Les deux permettent de créer des applications fonctionnelles sans écrire une ligne de code. Commence par Base44, passe à Claude Code si tu as besoin de plus.
Comment gérer les bugs et le support quand on a des utilisateurs ?
Construis un système minimal dès le départ : formulaire de signalement dans l'app, Notion pour qualifier les bugs, emails automatiques pour tenir tes utilisateurs informés. C'est 2 à 3 heures de setup qui t'évitent des dizaines d'heures de gestion manuelle.
Conclusion
Créer son SaaS en freelance, c'est possible en 2026. La technique n'est plus le problème. Ce qui fait la différence entre ceux qui réussissent et ceux qui abandonnent, c'est la clarté de l'idée, la rigueur de la validation, et la capacité à aller vendre avant même que le produit soit parfait.
Louise Bruneau vend son SaaS à ses clients B2B sans audience Instagram. Amandine Juste gagne des heures chaque semaine grâce à son outil de réservation. Thomas Sanlis vit au Mexique avec 300 000$ de CA. Ils ont tous commencé avec un problème simple à résoudre.
Et toi, quel est ton premier problème à résoudre ?
Si tu veux créer ton SaaS avec un accompagnement, setup technique, vibe coding, bêta test, premiers utilisateurs, c'est le programme du sprint Solo SaaS dans l'Incubateur Solopreneur. Rejoins-nous ici.
👋 Moi, c'est Flavie Prévot.
Après 15 ans en entreprise (dont 7 ans de management), je suis devenue solopreneur en 2021. Aujourd'hui, j'accompagne les freelances et solopreneurs ambitieux à transformer leur activité pour gagner plus en travaillant mieux, sans sacrifier leur liberté. J'anime Le Board, le podcast N°1 des solopreneurs en France, et je co-anime Solo Nation avec Mathieu Héral.
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