48h pour créer son SaaS : le retour d'expérience complet d'Amélie Starace (avec Base44)
Elle vendait des workshops LinkedIn à 500€ la journée. En un week-end de vibe coding avec Base44, Amélie Starace a créé "Le Levier" — un SaaS pour écrire des posts LinkedIn en 30 secondes. Résultat : 70 à 100 utilisateurs payants, des revenus récurrents, et un été entier à presque ne pas travailler. Voici tout ce qu'elle a appris.
D'où vient l'idée : le workshop qui a tout déclenché
Les meilleures idées de SaaS ne viennent pas de la veille concurrentielle ni d'une étude de marché. Elles viennent d'un moment de frustration tellement fort qu'on se dit "non, ça ne peut plus continuer comme ça".
Pour Amélie Starace, ce moment, c'était un workshop LinkedIn avec une cliente qui avait une maturité digitale faible. Une cliente au top de son expertise, mais complètement perdue avec les outils existants. "Il faut que tu cliques là, que tu crées ton skill dans le projet, que tu..." — à chaque instruction, c'était le vide.
Amélie est sortie de ce workshop épuisée, vidée. Et en larmes.
"Je me suis dit que c'est trop compliqué. Je ne peux pas passer mon temps à expliquer des trucs aussi basiques. Il faut absolument que mes outils aient une interface hyper accessible qui facilite vraiment la vie de tout le monde — et donc la mienne."
— Amélie Starace
L'après-midi du même jour, elle a ouvert son ordinateur. Elle était persuadée de ne pas être capable de créer un logiciel. Elle a quand même essayé. Et 48 heures plus tard, du vendredi soir au dimanche soir, elle avait une version fonctionnelle du Levier.
Ce n'était pas la première fois que l'idée lui trottait dans la tête. Depuis deux ans, elle donnait des formations LinkedIn. Elle avait créé un GPT personnalisé, puis utilisé Make pour automatiser la création de contenu. À chaque étape, elle pensait "si seulement c'était plus simple". Ce workshop a juste été le coup de pied aux fesses qu'il lui manquait.
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Les 48h de création : ce qui était facile (et ce que tu n'aurais pas cru)
La technique. C'est la réponse qu'Amélie donne quand on lui demande ce qui a été le plus simple dans l'aventure. Pas l'idée, pas la méthode. La technique.
Elle a utilisé Base44, un outil de vibe coding qui permet de créer des applications directement depuis une interface sans jamais toucher à une ligne de code. Tu décris ce que tu veux, l'IA construit la fonctionnalité, tu vois le résultat en temps réel.
Ce qui a rendu la technique accessible pour elle, c'est que sa méthode était déjà documentée. Ça faisait un an et demi qu'elle appliquait les mêmes étapes avec ses clients LinkedIn : analyser l'activité, identifier l'avatar client, construire les prompts. Elle avait déjà tout dans la tête. Il fallait juste le faire passer dans une interface.
"J'avais déjà les prompts. J'avais déjà les étapes. Ça faisait deux ans que j'aidais les gens à créer du contenu. La technique, c'était juste la traduction de ce que je savais déjà faire."
— Amélie Starace
C'est exactement la leçon numéro un du SaaS solopreneur : le vibe coding est accessible à partir du moment où tu sais exactement ce que tu veux construire. Et si tu fais la même chose depuis des années avec tes clients, tu le sais déjà.
La différence entre Base44 et Claude Code ? Base44 est plus visuel et plus accessible pour commencer, sans environnement de développement à configurer. Claude Code est plus puissant pour des projets complexes. Pour un premier SaaS, Base44 est souvent le bon point d'entrée. J'avais détaillé ma propre expérience avec Claude Code dans cet article sur le vibe coding pour solopreneurs.
Ce qui était difficile (et personne ne t'en parle avant)
Amélie n'a pas eu de problème technique majeur pour construire Le Levier. Ses vrais défis sont arrivés après le lancement, quand des utilisateurs réels ont commencé à utiliser l'outil.
Le défi de l'UX
Quand tu crées quelque chose, tu sais comment ça marche. Tu sais où sont les boutons, quelle est la logique de navigation. Le problème : tes utilisateurs, eux, ne le savent pas.
La partie UX a demandé beaucoup d'itérations. Beaucoup de conversations avec Claude Design pour trouver la bonne façon de présenter les fonctionnalités. Beaucoup de questions sur la taille des boutons, le vocabulaire utilisé, l'ordre des actions.
"Je ne suis pas graphiste, je ne suis pas web-designer. Mais je savais que si les gens devaient me demander comment faire quelque chose, c'est que mon interface avait raté quelque chose."
— Amélie Starace
Sa méthode : avant même le lancement officiel, elle a invité une cliente de confiance chez elle pour un week-end. Elle lui a donné accès à l'outil. Elle n'a rien dit. Et elle a observé. Elle a noté chaque moment d'hésitation, chaque "attends, je ne trouve pas le bouton". C'est ça, le bêta-testing.
Le défi du volume d'utilisateurs
Avec 70 à 100 utilisateurs payants, les bugs arrivent. Les demandes de nouvelles fonctionnalités arrivent. Et si tu n'as pas anticipé un système pour les gérer, tu te retrouves à répondre manuellement à chaque ticket.
Amélie a résolu ça en construisant un module directement dans Le Levier : un formulaire de signalement de bugs, une base de données Notion pour les qualifier (critique ou pas critique), et des emails automatiques qui partent aux utilisateurs quand le bug est résolu. Tout ça, codé avec le vibe coding.
"T'as besoin d'un truc, tu lui demandes, c'est fait. J'ai demandé à créer un panneau admin, il m'a créé un dashboard en deux secondes."
— Amélie Starace
Le vrai défi : tenir le rythme pendant la phase de transition
Ce que personne ne te dit sur le lancement d'un SaaS en parallèle de son activité freelance : c'est épuisant. Amélie gérait des lives LinkedIn le jour, et déboguait Le Levier la nuit jusqu'à 2-3h du matin pendant les semaines de lancement.
Elle ne le referait pas comme ça. La bonne approche : finir ses engagements existants avant de lancer, ou réduire drastiquement le volume de missions pendant la phase de construction.
La stratégie de lancement : capitaliser sur ce qu'on a déjà
Ne jamais lancer un SaaS qui n'a rien à voir avec ton activité de freelance actuelle. Amélie a suivi cette règle à la lettre.
Elle vendait des workshops LinkedIn. Le Levier aide à écrire des posts LinkedIn. Sa communauté de clients existants était exactement sa première cible.
Résultat : au lancement en juin 2026, elle a atteint presque 100 abonnés quasiment instantanément. Des gens qui la connaissaient déjà, qui faisaient confiance à sa méthode, et pour qui l'outil était la version autonome de ce qu'elle leur apprenait.
Le prix : 40€ par mois. Contre 500€ pour une journée de workshop. En apparence, c'est divisé par dix. En réalité, c'est un revenu récurrent, sans délivrance directe, qui s'accumule.
"J'ai eu l'impression de ne pas bosser pendant 3 mois cet été. Et tous les jours : ching, ching, ching. C'est ça, le vrai modèle scalable."
— Amélie Starace
La stratégie média qui a tout changé : le podcast LinkedIn live
Comment Amélie fait-elle la promotion du Levier sans budget pub ? Avec un podcast live sur LinkedIn chaque jeudi. Et cette idée est tellement bien pensée qu'elle mérite d'être décortiquée.
Le format : chaque semaine, Amélie invite un abonné du Levier à une session en live sur LinkedIn. Elle résout un de ses problèmes concrets en direct — comment ajuster sa tonalité d'écriture, comment créer des personas pour une nouvelle offre, etc.
Ce que ça lui rapporte simultanément :
- Le SAV : elle résout les problèmes de ses clients en public
- La démo du produit : les spectateurs voient l'outil en action avec un utilisateur satisfait
- La création de contenu : la session devient un épisode de podcast
- L'acquisition : les abonnés LinkedIn partagent, relaient, commentent
Plusieurs milliers de vues par épisode. Sans montage, sans post-production. Elle enregistre en live, publie, c'est terminé.
"Je fais mon SAV. Je fais kiffer mes abonnés. Je fais la promo de mon outil. Et je crée un média. Le tout en une heure par semaine."
— Amélie Starace
Les chiffres et les objectifs
Aujourd'hui : 70 à 100 utilisateurs payants à 40€/mois = entre 2 800 et 4 000€ de MRR.
C'est moins que ce qu'elle faisait avant en chiffre d'affaires brut annuel, environ 80 à 100k€ de workshops et de consulting. Mais c'est un revenu récurrent, qui s'accumule, qui ne nécessite pas sa présence constante.
"Si je prends le ratio chiffre d'affaires versus nombre de journées travaillées, c'est mon meilleur été de tous les temps."
— Amélie Starace
Objectif pour 2027 : 500 utilisateurs payants. Pour y arriver : des campagnes email plus régulières, des nouveaux lancements, et capitaliser sur des communautés de créateurs de contenu LinkedIn.
Elle ne compte pas abandonner le lien humain. Les lives restent parce qu'ils lui donnent un accès direct aux problèmes réels de ses utilisateurs. C'est sa meilleure source d'idées de nouvelles fonctionnalités.
Les conseils d'Amélie à un freelance qui veut se lancer
"Lance-toi avec les outils disponibles : Base44, Claude Code, ChatGPT Codex. En quelques heures, tu peux avoir une première version qui marche. Tu n'as pas besoin d'une architecture parfaite pour commencer."
- Commence par un outil pour tes propres clients. Pas pour vendre à des inconnus. Pour simplifier ce que tu fais déjà. Le SaaS à vendre viendra ensuite.
- N'attends pas d'avoir les fonds pour payer un développeur. Avec le vibe coding, tu peux tester en quelques heures si l'idée vaut quelque chose.
- Fais tester par un vrai utilisateur avant de lancer. Donne-lui l'outil, demande-lui de penser à voix haute. Note chaque moment de friction.
- Automatise le support dès le début. Formulaire de bugs, base Notion, emails automatiques. Ça prend 2 heures à construire et ça t'économise des dizaines d'heures.
- Ne reste pas dans ta grotte. Vois tes clients utiliser l'outil en vrai. C'est là que sont les vrais insights, pas dans les conversations avec l'IA.
FAQ — Créer son SaaS avec Base44
Pourquoi Base44 plutôt que d'autres outils de vibe coding ?
Base44 est particulièrement adapté aux débutants complets parce qu'il n'y a pas d'environnement de développement à configurer. Tu décris ce que tu veux, l'interface est visuelle, et tu vois le résultat immédiatement. Pour des projets plus complexes ou si tu veux plus de contrôle sur le code, Claude Code est une alternative plus puissante — mais la courbe d'apprentissage est un peu plus élevée.
Est-ce qu'un SaaS vibe codé est vraiment "production-ready" ?
À 70-100 utilisateurs, oui. C'est exactement ce qu'Amélie a prouvé. Les limites apparaissent à partir de quelques milliers d'utilisateurs, notamment sur la sécurité et la scalabilité technique. Mais pour valider une idée et générer ses premiers revenus récurrents, c'est largement suffisant.
Combien de temps faut-il pour créer son premier SaaS avec Base44 ?
Amélie a créé une version fonctionnelle en 48h. Pour une idée plus complexe, compte une à deux semaines de travail intense. L'essentiel est d'avoir une méthode très claire avant de commencer. Si tu sais exactement ce que tu veux construire, étape par étape, l'IA peut le reproduire rapidement.
Comment gérer les bugs une fois qu'on a des utilisateurs ?
Construis un système simple dès le début : un formulaire de signalement dans l'app, une base de données Notion pour qualifier et prioriser, et des emails automatiques pour tenir tes utilisateurs au courant. Tout ça peut être vibe codé en quelques heures.
Comment passer de "je vends mon temps" à "j'ai des revenus récurrents" sans perdre mon CA ?
La règle d'or : lance ton SaaS dans l'univers où tu travailles déjà. Amélie avait une communauté de clients LinkedIn. Le Levier les aide à écrire des posts LinkedIn. La transition est fluide parce que l'audience est déjà là. Si tu pars de zéro sur un sujet sans rapport avec ton activité, tu reconstruis une audience from scratch — et c'est beaucoup plus long.
Faut-il arrêter son activité freelance pour lancer un SaaS ?
Non, mais il faut anticiper. Amélie a géré des lives le jour et du debugging la nuit pendant plusieurs semaines. C'est épuisant. La bonne stratégie : finir ses engagements en cours, réduire temporairement le volume de missions, et se donner un week-end intensif pour créer la première version.
Conclusion
48h. C'est tout ce qu'il a fallu à Amélie Starace pour créer la première version du Levier. Pas des mois. Pas 15 000€ de développement. Un week-end, un outil de vibe coding, et une méthode qu'elle appliquait depuis deux ans avec ses clients.
Le SaaS ne remplace pas instantanément le revenu de la prestation. Mais il construit quelque chose que la prestation ne construit jamais : un actif. Quelque chose qui tourne quand tu ne travailles pas. Quelque chose qui s'accumule.
Et cet été, pendant qu'elle baladait son chien et regardait des séries, Le Levier faisait ching, ching, ching.
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👋 Moi, c'est Flavie Prévot.
Après 15 ans en entreprise (dont 7 ans de management), je suis devenue solopreneur en 2021. Aujourd'hui, j'accompagne les freelances et solopreneurs ambitieux à transformer leur activité pour gagner plus en travaillant mieux, sans sacrifier leur liberté. J'anime Le Board, le podcast N°1 des solopreneurs en France.
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