TDAH, autisme et entrepreneuriat : comment organiser son business quand son cerveau fonctionne différemment
On t'a dit que pour réussir dans l'entrepreneuriat, il faut travailler de 9h à 18h, être disponible pour ses clients en temps réel, poster du contenu tous les jours, avoir une productivité identique tous les jours, et garder le même rythme de travail toute l'année.
Si tu as un TDAH, si tu es autiste, si tu es maman solo, ou tout simplement si tu fonctionnes différemment du moule, tu as sans doute essayé de te plier à toutes ces règles. Et tu t'es épuisé à essayer. Moi aussi. Pendant des années, j'ai essayé de ressembler à l'entrepreneur "normal" qu'on nous vend partout. Et j'ai compris un truc fondamental : le problème, ce n'est pas toi. C'est le système.
Dans cet épisode de Solo Nation, j'ai réuni 3 solopreneuses atypiques qui ont chacun, à leur façon, décidé de construire un business à leur image plutôt que de se conformer à un modèle qui ne leur correspond pas
🏴☠️ Manon Verbeke, maman solo et designer, qui livre toutes ses identités visuelles en sprint d'une journée.
🏴☠️ Mélanie Hong, autiste, qui a construit un business qui tourne avec 2 rendez-vous clients par semaine maximum.
🏴☠️ Et Cyrielle Soulbieu, TDAH qui a fait du kiff sa valeur cardinale et de la liberté son modèle business.
Dans cet article, je vais déconstruire les 5 grandes règles de l'entrepreneuriat "normal" qui ne s'appliquent tout simplement pas aux entrepreneurs neuroatypiques, je vais parler honnêtement du prix à payer pour sortir du système, et surtout, je vais te donner 7 adaptations concrètes pour créer un business qui respecte vraiment ton fonctionnement.
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Pourquoi les règles classiques de l'entrepreneuriat épuisent les entrepreneurs neuroatypiques
Avant de plonger dans les solutions, je veux qu'on parle du vrai problème. Parce que si tu es un freelance neuroatypique ou un entrepreneur TDAH, tu connais probablement bien cette sensation d'être constamment en décalage avec le monde entrepreneurial qu'on te présente comme la norme.
Ce décalage, il vient d'un système qui a été conçu pour un certain type de fonctionnement cognitif. Et quand tu as un TDAH, un TSA, ou quand tu es simplement hypersensible, d'une autre façon, ce système ne fait aucun sens pour toi.
Pour illustrer ça, on a joué à un jeu dans l'épisode : drapeau violet pour "je suis dans le système, je fais ça", drapeau noir pour "je suis une pirate, je ne fais pas ça et je ne le ferai plus jamais". Et ce qui est ressorti, c'est édifiant.
La règle du 9h-18h : le pire héritage du salariat pour les entrepreneurs neuroatypiques
Cyrielle travaille uniquement le matin. Mélanie, entrepreneur autiste, ne travaille pas le mercredi et uniquement à partir de 12h. Manon, fonctionne en semaine de 6 jours mais par demi-journées selon son énergie et ses enfants. Et moi, je suis ultra saisonnière. À partir d'avril-mai, tous mes lundis sont bloqués. S'il y a des vagues, j'y vais.
Ce qu'on a compris ensemble, c'est que cette règle du 9h-18h, c'est le pur reliquat du salariat. Notre agenda était dicté par l'entreprise. On n'avait pas le droit de penser différemment. Et quand on devient entrepreneur, on se l'auto-impose sans même s'en rendre compte. Ce qui est particulièrement absurde quand tu es ton propre boss.
Pour un entrepreneur TDAH ou un entrepreneur autiste, cette auto-imposition est encore plus destructrice. Parce que ton cerveau ne fonctionne tout simplement pas sur cette plage horaire imposée. Il a ses propres pics d'énergie, ses propres fenêtres de concentration, ses propres besoins de récupération. Et se battre contre ça, c'est se battre contre sa propre biologie.
La disponibilité client en temps réel : une illusion qui épuise les freelances neuroatypiques
Drapeau noir unanime. Et pourtant, Manon, Mélanie et Cyrielle livrent toutes les 3 un excellent service client. Comment c'est possible ?
Manon a trouvé sa réponse dans le format "VIP DAY" : elle livre un client en 48h. Pas de 5 clients en parallèle avec des allers-retours permanents qui lui pourrissaient le cerveau. Une journée, un client, il est hyper content.
Mélanie, entrepreneur autiste, a développé un système asynchrone ultra-rigoureux : tout est préparé en amont, les méthodes de communication sont clairement établies avec le client dès le départ.
Et le truc le plus important qu'elles ont partagé : le match de compatibilité client-prestataire. Si tu as un client qui exige une réponse dans l'heure sur Whats App et que toi tu as construit une offre parfaite pour un fonctionnement asynchrone, ça ne peut pas marcher. Pour un freelance neuroatypique, cette sélection des clients n'est pas du luxe. C'est une nécessité de bon fonctionnement pour leur business.
Poster du contenu tous les jours : le mythe de la régularité qui ne convient à personne
Là, il y a eu des dissidences dans la salle. Et c'est intéressant parce que ça montre qu'il n'y a pas une seule façon d'être un entrepreneur neuroatypique efficace.
Cyrielle, freelance neuroatypique, délègue son contenu en batch complet : elle tourne tous ses reels en une journée, envoie tout à sa monteuse qui programme tout, et n'en entend plus parler pendant 1 ou 2 mois. Elle publie apparemment tous les jours sur Instagram. Mais en réalité, elle a batchée tout son contenu une fois par mois ou tous les 2 mois.
Manon, elle, adore écrire. Elle le fait elle-même, souvent le jour même ou la veille, parce que ça lui fait vraiment plaisir. Elle a essayé de déléguer plusieurs fois, mais elle se retrouvait toujours à vouloir tout changer à la dernière minute.
Le truc à retenir : pour un entrepreneur TDAH ou un entrepreneur autiste, l'enjeu n'est pas de poster tous les jours. C'est de trouver un système qui lui permet une régularité perçue sans exiger un effort quotidien. L'hyper-focus du TDAH peut devenir un allié extraordinaire dans cette logique de batch.
La productivité identique tous les jours : l'illusion la plus destructrice pour les entrepreneurs neuroatypiques
Drapeau noir. Unanime. Sans hésitation.
Mélanie, entrepreneur autiste, a partagé quelque chose de très courageux : "J'ai des journées off que j'ai appris à accepter. J'ai longtemps lutté contre ça. Je résistais, je restais devant mon ordinateur à tout prix. Et puis je me suis détachée de ça. Quand c'est une journée off, c'est une journée off."
Ce que Mélanie décrit là, c'est quelque chose que beaucoup de freelances neuroatypiques vivent au quotidien sans pouvoir le nommer. La culpabilité de ne pas être productif comme les autres. La honte de devoir s'arrêter quand les neurotypiques semblent tenir des journées entières. Et la libération qui vient quand on accepte enfin que son cerveau fonctionne différemment, et que c'est OK.
Le même rythme toute l'année : la contrainte la plus absurde pour un entrepreneur TDAH
Pour les entrepreneurs TDAH et les freelances neuroatypiques qui fonctionnent par cycles, l'idée d'une année linéaire avec le même effort chaque mois est presque comique.
Mélanie se sent méga saisonnière. Elle bosse énormément en décembre-janvier, puis ça redescend, puis ça remonte. Elle a longtemps culpabilisé d'être cyclique, elle s'imposait des objectifs mensuels réguliers, et puis elle a accepté que ses cycles à elle ne ressemblaient pas à la courbe linéaire qu'on lui vendait.
Cyrielle, freelance neuroatypique, a des cycles de lancements. Et elle sait maintenant qu'après un lancement intense, elle a besoin d'une détox totale. Pas d'internet, pas de téléphone, pas de notifications. L'été dernier, elle a fait 1 ou 2 semaines complètes sans téléphone. L'année d'avant, carrément un mois entier.
Et moi, c'est le surf. Ma saison commence en avril-mai et ça change tout à mon agenda. Et c'est même pour ça que j'ai construit un business scalable et asynchrone : parce que j'avais besoin que mes revenus ne soient pas corrélés à mon temps.
Je ne comprends pas que les entrepreneurs croient encore que l'année est linéaire. Il y a des gens qui font des semis, puis de la récolte. Ce n'est pas pareil.
Ce que ça coûte vraiment de sortir du système
On pourrait s'arrêter là et te dire que tout va bien, que le système alternatif c'est génial et qu'il n'y a que des avantages. Mais ce serait te mentir.
Construire un business à ta façon en tant qu'entrepreneur neuroatypique, ça a un prix. Et il vaut mieux en avoir conscience maintenant plutôt que de le découvrir le jour où tu dis non à quelque chose de juteux.
Manon a perdu des clients institutionnels et a loupé de gros évènements d'entrepreneurs
Manon a choisi de travailler uniquement en format sprint d'une journée. Et ça l'empêche de travailler avec beaucoup d'acteurs institutionnels qui ont des process longs, des allers-retours interminables, des validations en cascade.
Ces clients-là paient souvent rubis sur l'ongle. Et ils ont des projets hyper cools. Elle a parfois un tout petit FOMO. Mais elle les renvoie vers des collègues avec bienveillance. Et surtout, elle a changé de vie. Elle n'est plus obligée de bosser avec des clients qui ne correspondent pas à sa méthode. "J'ai vraiment changé ma vie, j'ai pu aller vers ce qui m'intéresse vraiment."
Manon est aussi maman solo, et ça a un impact direct sur ce qu'elle peut faire ou pas. Par exemple, elle n'a pas pu participer à certains événements entre entrepreneurs parce que trouver une garde pour ses enfants, ça ne s'improvise pas.
Ce qu'elle a pointé, et qui est important, c'est que le système favorise les gens qui ont un réseau de garde, une famille disponible, un partenaire qui ne travaille pas. Et ça exclut silencieusement beaucoup de monde. Aller à Solo Nation Île Maurice pendant une semaine, ça demande de pouvoir laisser ses enfants. C'est un privilège. Et ça, il faut le nommer clairement.
Mélanie a renoncé au double de son chiffre d'affaires
Mélanie, entrepreneur autiste, ne fait pas la même chose que ce que son potentiel commercial pourrait lui permettre.
Elle a refusé de monter une équipe alors que tous les voyants étaient au vert pour le faire. Elle a refusé des collaborations qui ne correspondaient pas à ses valeurs. Elle a dit non à des projets parce que le sujet ne l'intéressait pas ou parce que l'entreprise avait fait des trucs éthiquement discutables.
"Si j'étais quelqu'un d'autre, je ferais le double de mon chiffre d'affaires. Et je suis ok avec ça."
C'est une phrase qui m'a frappée. Parce qu'il y a une vraie paix là-dedans.
Moi, j'ai perdu des amis
Un jour, mes enfants étaient chez leurs grands-parents. Je me retrouve seule chez moi, j'avais du temps libre, de l'argent, un agenda libre. Et je me suis demandé : à qui est-ce que je pourrais dire "viens, on part à la mer ce week-end ?"
J'ai regardé autour de moi. Et en fait, il n'y avait personne. Mes amis salariés ne peuvent pas partir sur un coup de tête du jeudi pour le week-end. Mes potes freelances et solopreneurs ont des missions, des équipes, des deadlines. Quand tu deviens un entrepreneur libre avec du temps et de l'argent disponibles de façon flexible, tu es par nature beaucoup plus seul que les gens qui vivent dans les rythmes normaux.
J'ai appris à apprécier ma propre solitude. Je voulais nommer ce prix-là parce que personne ne te le dit quand tu regardes les posts Instagram de réussite.
7 adaptations concrètes pour organiser ton business quand tu es un entrepreneur neuroatypique
Maintenant que j'ai été honnête sur les coûts, passons aux solutions. Voilà ce que Manon, Mélanie, Cyrielle et moi avons mis en place concrètement pour que nos businesses respectent nos fonctionnements.
Adaptation 1 : Simplifier à l'extrême avec un seul programme phare
Cyrielle, freelance neuroatypique, a 1 seul programme phare qu'elle revend 3 ou 4 fois par an. C'est toujours la même chose. Évidemment, elle l'améliore légèrement à chaque fois et fait évoluer le contenu. Mais elle ne s'éparpille pas avec d'autres ateliers, d'autres programmes, d'autres idées.
"Chaque fois que j'essaie de rajouter quelque chose, je me crame. Donc j'ai épuré. Et ça me permet de garder mon rythme de ne travailler que le matin."
C'est contre-intuitif quand on a un cerveau TDAH qui a 150 idées par semaine. Mais c'est exactement pour ça que ça marche. Pour un entrepreneur TDAH, la simplification à l'extrême de son offre n'est pas un manque d'ambition. C'est une stratégie de survie et de croissance.
Moi, c'est l'Incubateur Solopreneur qui joue ce rôle. C'est mon contenant. Je mets toutes mes idées créatives dedans, mais je ne change pas le contenant. Mes idées vont et viennent, et elles trouvent leur place à l'intérieur de ce format, pas en créant 50 nouveaux produits.
Adaptation 2 : Travailler en hyper-focus avec le format sprint
Pour les entrepreneurs TDAH, l'hyper-focus est l'un des super-pouvoirs les plus puissants. Et Manon a construit tout son business autour de ce mécanisme.
Au lieu de faire des identités visuelles sur 3 mois avec des allers-retours interminables, elle livre tout en une journée de sprint intensive. Elle est en hyper-focus complet, le client est disponible pour valider en temps réel, et à la fin de la journée, c'est livré.
"90% de mon chiffre d'affaires passe sur ces journées sprint. Ça me convient parce que quand je suis concentrée sur un sujet, je peux travailler 10 ou 12 heures sans problème. Par contre, derrière, je ne travaille pas pendant 3 jours et je suis crevée."
C'est exactement comme ça que fonctionne le cerveau TDAH : des pics d'intensité massive suivis de temps de récupération obligatoires. Au lieu de lutter contre ça, Manon en a fait son modèle business. Et ça cartonne.
Adaptation 3 : Limiter ses rendez-vous pour forcer la montée en prix
Mélanie, entrepreneur autiste, a découvert qu'elle ne pouvait pas faire plus de 2 rendez-vous par semaine. Pas un défaut. Une réalité physique.
Après 4 à 8 rendez-vous par semaine comme elle le faisait avant, elle était épuisée. La batterie sociale d'un entrepreneur autiste, ça se vide beaucoup plus vite que celle d'un neurotypique. Et si tu ignores ça, tu finis cramé. Le problème, c'est que 2 rendez-vous par semaine, ça va très vite. Et si chaque rendez-vous ne rapporte pas assez, à la fin du mois, tu n'as pas assez d'argent.
"J'ai fait le bilan : avec 2 rendez-vous par semaine, si 50% ne se transforment pas en clients, je n'ai pas assez. Donc la seule solution, c'était d'augmenter mes prix. C'est la contrainte qui m'a forcée à le faire."
Et sans cette limite, elle n'aurait peut-être pas augmenté aussi tôt. La contrainte de l'entrepreneur autiste a créé la stratégie de prix que beaucoup de freelances neuroatypiques n'osent jamais mettre en place.
Adaptation 4 : Créer des conditions de travail sur mesure
Mélanie, entrepreneur autiste, a passé 3 ans à tester tous les espaces de coworking de Paris. Elle payait un bureau, elle venait 2 fois par semaine, elle se cachait pour aller chercher de l'eau à la cuisine pour ne pas avoir à croiser les gens.
"J'ai arrêté. Et j'ai réalisé que j'avais suivi des conseils qui ne me correspondaient pas du tout. On m'avait dit que la solitude de l'entrepreneur c'est un problème, qu'il faut voir des gens. Mais pourquoi je serais censée avoir un problème avec la solitude ?"
Aujourd'hui elle travaille chez elle. Et c'est le meilleur truc qu'elle ait fait. Pour un entrepreneur neuroatypique, créer ses conditions de travail sur mesure n'est pas un caprice. C'est une condition de performance.
Adaptation 5 : Concevoir des offres qui respectent ton énergie
Mélanie, entrepreneur autiste, a refondu complètement ses offres après avoir compris son fonctionnement.
Avant, elle faisait des formations sur 2 ou 3 mois avec des questions quotidiennes et un suivi intensif. Ça l'épuisait totalement. Aujourd'hui, c'est 2 sessions de demi-journée. Entre les deux, elle prend le temps d'observer. Et après la dernière session, les clients peuvent la contacter pendant 15 à 30 jours pour des questions.
"C'est beaucoup plus prévisible pour moi. Et en plus, mes prix sont plus hauts que ce que je faisais avant sur 3 mois."
Le message que je répète souvent dans l'Incubateur : la sur-qualité et les bonus infinis ne compensent pas une offre mal calibrée. Si tu passes plus de temps humain à compenser une absence de système ou de méthode, tu t'es trompé de business model. Et pour un freelance neuroatypique, ce sur-engagement finit toujours par un burn-out.
Adaptation 6 : Accepter et planifier ses cycles saisonniers
Les entrepreneurs "normaux" sont obsédés par la régularité mensuelle de leur chiffre d'affaires. Même chiffre tous les mois, même effort, même énergie.
Pour la plupart des entrepreneurs TDAH et des freelances neuroatypiques, cette régularité mensuelle est une pure fiction. Leur cerveau fonctionne par cycles. Par intensités. Par saisons.
Moi, mon chiffre d'affaires ressemble à des montagnes russes. Il y a des mois à 100 000€ et des mois où je fais de l'actif, du capital, où je plante des graines. Et je suis complètement à l'aise avec ça.
La clé, c'est de planifier les cycles à l'avance pour que la trésorerie ne souffre pas. Si tu sais que mars-avril sont tes mois forts, tu constitues une réserve pour les mois creux. Tu ne t'interdis pas d'être saisonnier. Tu t'organises pour que ça tienne financièrement.
Cyrielle sait maintenant que ses lancements lui prennent énormément d'énergie. Alors elle prépare les 2 ou 3 jours qui précèdent pour être reposée. Et elle sait que les jours qui suivent, elle sera à plat. Elle planifie ça. Pas en se battant contre son fonctionnement. En l'intégrant à sa stratégie.
Adaptation 7 : Déléguer intelligemment sans créer une équipe qui te draine
Quand mon Bootcamp était plein à craquer, la solution évidente pour scaler c'était de recruter des coachs. 4 piliers, 4 coachs. Facile !
Mais quand j'ai commencé à visualiser ça, j'ai eu un frisson. Manager 4 coachs au quotidien, être responsable d'eux, gérer leurs problèmes... Non. Pas pour moi.
J'ai trouvé autre chose. Au lieu de recruter des coachs permanents, j'ai découpé mes contenus en modules d'une heure sur des sujets ultra-précis. Et j'invite des experts sur chaque module :
- Expert VSL pour le live "script ta page de vente"
- Expert LinkedIn pour le live sur la prospection
- Etc.
Ce que je suis vraiment bonne à faire, c'est manager en transverse, donner des guidelines, briefer des gens pour 1 heure. Pas manager des équipes au quotidien. Connais ton mode de fonctionnement avant de scaler. Les options de scaling "standard" ne sont pas forcément les bonnes pour un entrepreneur neuroatypique.
Ce que ton "défaut" peut t'apporter que les autres n'ont pas
Je vais finir par une question un peu provoc qu'on a posée dans l'épisode : est-ce que votre incapacité à rentrer dans le moule vous a donné un avantage quelque part ?
La réponse de Mélanie est celle qui m'a le plus frappée. Elle avait maximum 2 rendez-vous par semaine. C'est une contrainte. Mais cette contrainte l'a forcée à monter ses prix bien plus tôt qu'elle ne l'aurait fait autrement. Et aujourd'hui, elle est une de celles qui a le mieux intégré les enseignements de la scalabilité.
"Ceux qui y vont à l'énergie et qui ont une énergie débordante, ils mettent plus longtemps avant de se cramer et de comprendre l'absurdité de vendre son temps."
C'est ça. Les gens qui peuvent fonctionner 60 heures par semaine mettent des années à comprendre qu'il faut créer des actifs. Les entrepreneurs neuroatypiques qui ne peuvent pas se permettre ce luxe-là comprennent ça bien plus vite. La contrainte est un accélérateur de lucidité.
Les idées de business pour et par les entrepreneurs neuroatypiques
En fin d'épisode, on a fait notre rubrique "Qui veut du CA". Et les idées qui ont émergé sont particulièrement intéressantes parce qu'elles viennent de personnes qui connaissent le sujet de l'intérieur.
Le premier business, c'est le coworking neuro-friendly. Des espaces de travail qui prennent vraiment en compte les besoins des freelances neuroatypiques : zones de silence, zones de bruit, bulles réservables, espaces de décompression. Ça n'existe quasiment pas, et la demande va exploser au fur et à mesure des diagnostics.
Le deuxième, c'est un outil IA de médiation pour parents séparés. Un outil qui joue le rôle de tiers médiateur dans les échanges entre co-parents : tu écris ce que tu veux dire, l'IA reformule de façon neutre et déchargée émotionnellement, l'autre parent reçoit un message apaisé. Avec l'IA, c'est techniquement faisable aujourd'hui.
Le troisième, c'est le coaching business spécialisé entrepreneurs neuroatypiques. Les diagnostics de TDAH et d'autisme explosent. Et avec eux, les besoins d'accompagnement business adaptés. Mélanie l'a dit clairement : beaucoup de coachs ont fait du mal à des personnes neuroatypiques parce qu'ils ne savaient pas qu'elles l'étaient, ou parce que leurs méthodes n'étaient pas adaptées. Former des coachs spécialisés, c'est un marché en forte croissance.
Et le quatrième, c'est le coaching en création de contenu pour freelances neuroatypiques. Créer un média, c'est une des activités les mieux adaptées aux personnes autistes et TDAH. Mais il manque des coachs qui comprennent comment un cerveau atypique fonctionne. Qui peuvent dire "toi, ton fonctionnement c'est celui-là, voilà une stratégie de contenu adaptée" au lieu d'imposer les mêmes méthodes à tout le monde.
Conclusion : tu n'as pas besoin de survivre dans un système qui ne te convient pas
Si tu te reconnais dans cet article, que tu sois un entrepreneur TDAH, un entrepreneur autiste, un freelance neuroatypique, une maman solo, ou juste quelqu'un qui n'arrive pas à se conformer aux règles standard de l'entrepreneuriat, j'ai envie de te dire quelques choses.
Il y a un système qui a été conçu pour un certain type de fonctionnement cognitif. Et si ton cerveau fonctionne différemment, ce n'est pas ton cerveau qui a tort. C'est le système qui n'est pas inclusif.
Il y a un prix à payer. Construire un business à ta façon en tant qu'entrepreneur neuroatypique, ça veut dire parfois renoncer à des clients importants, à des opportunités prestige, à des levées de fonds. C'est un vrai choix conscient. Pas juste du marketing de liberté.
La contrainte nourrit la créativité. Les adaptations les plus ingénieuses viennent souvent des personnes qui avaient les plus fortes contraintes. Parce qu'elles n'avaient pas le choix de trouver un autre chemin. Et cet autre chemin était souvent bien plus scalable et bien plus aligné que ce que les autres auraient fait avec plus d'énergie et moins de contraintes.
Et le solopreneur, c'est la voie. Pas pour tout le monde. Mais pour ceux d'entre vous qui ne peuvent pas rentrer dans le moule salarial, qui ont des cycles, des besoins spécifiques, des valeurs non négociables, le modèle solopreneur offre quelque chose que très peu d'autres modèles permettent.
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Si tu me découvres avec cet article, je suis une ex-dirigeante devenue solopreneure et j'ai créé Le Board, le podcast N°1 des solopreneurs en France, écouté par +500.000 indépendants. J'ai fondé le premier incubateur pour solopreneurs de France, pour aider les freelances à sortir de la vente du temps en devenant des solopreneurs sereins, qui génèrent des revenus réguliers et confortables.
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