Tu factures 30€ de l'heure et tu galères à joindre les deux bouts ? Normal. La plupart des freelances se plantent complètement sur leurs tarifs. Dans cet article, je te révèle comment fixer ses prix en freelance (et te payer plus d'un SMIC à la fin du mois).


Flavie Prévot - publié le 6 05 2026


Comment fixer ses tarifs en freelance : la méthode pour passer de 30 à 400€/heure (et faire 80 000€/an)

60€ de l'heure. C'est ce que facturait Florian Charpentier (LamicrobyFlo) quand il a démarré son activité de conseil en micro-entreprise. Aujourd'hui, 8 ans plus tard, il facture plus de 400€ de l'heure.

Entre les deux, il n'a pas obtenu 15 diplômes supplémentaires. Il n'a pas non plus déménagé dans une ville plus chère ou changé radicalement de métier. Il a juste compris comment fixer ses tarifs en freelance de manière stratégique au lieu de les tirer au hasard ou de se comparer bêtement à la concurrence. Le problème, c'est que la majorité des freelances n'ont absolument aucune idée de comment fixer leurs prix. Ils se plantent dès le départ en se sous-évaluant massivement, puis ils restent coincés à ces tarifs ridicules pendant des années parce qu'ils ont peur de perdre leurs clients s'ils augmentent.

Résultat, ils bossent comme des acharnés pour gagner à peine plus que le SMIC alors qu'ils pourraient facilement faire 80 000, 100 000 ou même 150 000€ par an avec la même expertise. Alors aujourd'hui, je vais te partager exactement comment fixer tes tarifs en freelance pour sortir de cette spirale infernale de la sous-facturation.

On va décortiquer ensemble les méthodes concrètes que j'utilise moi-même et que j'ai testées avec 3 solopreneurs que j'ai reçus sur le plateau de Solo Nation :

🏴‍☠️ Florian Charpentier, spécialiste de la micro-entreprise,

🏴‍☠️ Mylo, experte en transformation identitaire,

🏴‍☠️ et Jeremy Kohlmann, le roi du high-ticket qui aide des freelances à multiplier leurs prix par 100.

Tu vas découvrir pourquoi toutes les méthodes classiques qu'on te rabâche partout sont complètement à côté de la plaque, quelles sont les 5 croyances limitantes qui te font brader tes tarifs, et surtout, comment augmenter tes prix en freelance sans perdre tes clients.

undefined

Pourquoi la plupart des freelances se plantent complètement sur leurs tarifs

Avant de plonger dans les méthodes concrètes pour fixer ses prix en freelance, il faut qu'on parle du vrai problème. Parce que si tu stagnes à 50, 100 ou même 200€ par jour depuis des mois ou des années, ce n'est pas un hasard. Ce n'est pas parce que tu n'es pas assez bon, pas assez expérimenté ou pas assez connu. C'est parce que tu te bases probablement sur des méthodes complètement foireuses pour combien facturer en freelance.

L'erreur monumentale du calcul de coûts

La méthode classique qu'on te rabâche partout, c'est le fameux calcul de coûts. Tu additionnes tes charges, tu ajoutes le salaire que tu veux te verser, tu divises par le nombre de jours travaillés dans l'année, et hop, tu as ton tarif journalier. Ça semble logique, non ?

Le problème, c'est que cette méthode est complètement débile. Parce qu'elle part du principe que ton prix doit être basé sur TES coûts à TOI, alors qu'en réalité, ton client se fout complètement de tes coûts. Ce qui l'intéresse, c'est la valeur que tu lui apportes. La transformation que tu crées dans sa vie ou dans son business.

Florian le résume parfaitement : "Moi au début, je faisais au doigt mouillé, vraiment. Même aujourd'hui, 8 ans d'entrepreneuriat, je n'ai pas de formule magique. Je lance un peu les dés et j'ajuste en fonction des retours."

Et tu sais quoi ? Ça a marché pour lui. Il est passé de 60€ à +400€ de l'heure. Pas grâce à un tableur Excel ultra-sophistiqué qui calcule ses charges au centime près, mais grâce à une compréhension profonde de la valeur qu'il délivre.

Le piège mortel de la comparaison à la concurrence

Deuxième méthode qu'on te conseille partout : regarde ce que font tes concurrents et aligne-toi sur la moyenne du marché. Encore une fois, ça semble raisonnable.

Mais c'est une catastrophe. Parce que si tu te compares à la concurrence, tu vas probablement te comparer à des freelances qui eux aussi se sont plantés sur leurs tarifs. Et surtout, tu vas te retrouver coincé dans une course vers le bas où tout le monde tire les prix vers le bas pour être "compétitif".

Florian met en garde contre cette approche : "Attention, quand vous regardez la concurrence, une société n'a pas les mêmes charges qu'un freelance. Ils récupèrent peut-être la TVA. Donc vous comparer directement, c'est pas forcément pertinent."

Sans compter que si tu te positionnes sur la moyenne du marché, tu ne te différencies jamais. Tu deviens un freelance interchangeable parmi des milliers d'autres. Et quand tu es interchangeable, ton client choisit toujours le moins cher.

Pourquoi tu as probablement des prix bien trop bas en ce moment

Voici la réalité : si tu es freelance depuis plus de 6 mois et que tu n'as jamais perdu un client à cause de tes tarifs, c'est que tes prix sont probablement beaucoup trop bas.

Jeremy le dit : "Je passe ma journée à prendre des gens brillants qui se vendent à 30€ et leur expliquer comment, avec exactement la même expertise, la même cible, mais un autre contexte de création d'offre, ils peuvent multiplier par 100 leur prix."

Multiplie par 100. Tu as bien lu. Pas 10%. Pas 50%. Cent fois plus cher. Avec la même expertise.

Comment c'est possible ? Parce que la grande majorité des freelances ne comprennent absolument pas la relation entre prix et valeur. Ils pensent que leur prix doit être "raisonnable" ou "accessible". Ils ont peur de vendre trop cher parce qu'ils ne veulent pas "arnaquer" leurs clients.

Mais comme le dit Jeremy : "Si tu vends pas cher, c'est pas le prix le souci. C'est que le produit derrière il est éclaté. Il vaut 3€. Et en fait, il y en a d'autres, ils sont à 10 000€ et ça vaut plus que ça encore. L'enjeu, c'est vraiment : est-ce que tu es capable d'avoir un système de livraison de ton offre qui matche ton étiquette ?"

Les 5 croyances limitantes qui te font brader tes tarifs (et comment t'en libérer)

Pendant l'enregistrement de Solo Nation, j'ai fait un petit jeu avec mes invités. Je leur ai présenté 5 affirmations sur le pricing, et ils devaient lever un drapeau violet s'ils étaient d'accord ou un drapeau noir s'ils ne l'étaient pas. Ce qui est ressorti de cet exercice, c'est absolument hallucinant. Même des entrepreneurs expérimentés comme nous, on a tous été confrontés à ces croyances limitantes à un moment ou un autre.

undefined

Alors décortiquons-les une par une, parce que tant que tu auras ces croyances dans ta tête, tu ne pourras jamais vendre plus cher en freelance.

"Si je vends pas cher, j'aurai plus de clients"

C'est probablement la croyance la plus répandue. C'est tellement logique, non ? Si ton service coûte moins cher, forcément plus de gens vont pouvoir l'acheter.

Sauf que c'est faux. Complètement faux. Dans 99,9% des cas. Jeremy explique pourquoi : "Le bon sens, c'est comment est câblé notre cerveau. On se dit en toute logique, si c'est moins cher, il y a plus de gens qui vont vouloir acheter ou qui vont pouvoir acheter. C'est pas vrai 99,9% du temps."

Moi-même, j'ai fait cette erreur magistrale quand j'ai lancé l'Incubateur Solopreneur. J'avais fait 3 batchs de lancement progressifs : 50 places à 90€ l'année, puis 50 places à 190€, puis 50 places à 290€. Et évidemment, j'avais fait sold out à chaque fois.

Mais une de mes clientes m'a dit un truc qui m'a fait réfléchir : "Écoute Flavie, ton truc c'est juste... c'est trop bizarre qu'il y ait tout ça dedans pour ce prix-là. C'est pas possible, c'est pas crédible. Monte tes prix."

Elle avait raison. En vendant trop pas cher, je créais de la méfiance. Les gens se disaient qu'il y avait forcément une arnaque quelque part ou que la qualité ne pouvait pas être au rendez-vous.

"Les gens n'ont pas les moyens de payer des prestations chères"

Ah celle-là, elle est vicieuse. Parce qu'elle se cache derrière une prétendue empathie pour tes clients. Tu te dis que tu ne veux pas les "plumer", que tu veux rester "accessible".

Mais Jeremy démonte cette croyance en une phrase : "Les gens, ils ont de l'argent. L'enjeu, c'est pas que les gens n'ont plus d'argent maintenant. Ils en ont. L'enjeu, c'est : est-ce qu'ils ont envie de te le donner à toi ?"

Regarde autour de toi. On vend des iPhones à 1500€ alors qu'on pourrait tous fonctionner avec des téléphones chinois à 50€. Les gens paient 30€ pour un mojito dans certains bars de luxe. Ils dépensent 20 000 à 50 000€ par an pour rejoindre des masterminds.

Les gens ont de l'argent. La question, c'est : est-ce que tu résous un problème assez important qui mérite ce tarif-là ?

Mylo ajoute une dimension intéressante : "Je pense que ça dépend aussi de la valeur que tu te donnes. Si toi personnellement, tu es prêt à mettre des milliers d'euros dans une formation pour toi, tes clients aussi vont pouvoir. Tu vas le manifester. Il y a un espèce d'effet miroir sur ce que ta cible est prête à investir."

"Si j'augmente mes prix, je vais perdre mes clients"

Celle-là, elle te paralyse complètement. Tu aimerais bien augmenter tes tarifs parce que tu sais que tu te sous-factures, mais tu as une peur bleue de perdre tes clients actuels.

Alors oui, c'est vrai. Si tu augmentes tes prix, tu vas perdre des clients. Mais c'est une excellente nouvelle. Mylo le dit clairement : "Ça fait vite le tri, ce qui est une très bonne chose. Celles qui veulent plus investir dans leur transformation et qui sont plus sérieuses, ou ceux qui viennent un peu plus en touriste et qui voulaient juste avoir du gratuit."

Florian a vécu exactement ça quand il est passé à la TVA et qu'il a dû augmenter ses tarifs. Il est passé de 120€ hors taxe à 240€. Il a doublé ses tarifs d'un coup. Résultat ? "J'ai perdu des clients, mais du coup maintenant, j'ai des gens qui avaient des soucis un peu plus complexes, des questions un peu plus profondes. Je fais moins de clients, mais je fais plus de chiffre d'affaires."

C'est exactement ça. Moins de clients, mais de meilleurs clients. Et au final, plus de chiffre d'affaires en travaillant moins.

"Je ne suis pas légitime pour vendre aussi cher"

Ah, le syndrome de l'imposteur version pricing. Cette petite voix dans ta tête qui te dit que tu n'es pas assez expert, pas assez expérimenté, pas assez connu pour facturer des tarifs élevés.

Jeremy connaît bien ce problème puisqu'il accompagne principalement des femmes, et cette croyance est particulièrement présente chez elles : "J'ai au moins 70% de femmes dans mes accompagnements. C'est un truc de meuf, même si on le retrouve aussi chez les hommes, mais un peu moins."

Il explique le mécanisme : "Une femme, si elle a 4 ou 5% des compétences du poste, elle fait 'non, c'est pas pour moi'. Un homme, s'il en a 1 sur 25, il fait 'je peux piloter un avion'."

Mylo elle-même a vécu ça. Jusqu'en novembre 2025, elle vendait un programme à vie à 240€. Mais elle ne l'a jamais vraiment vendu à 240€. Elle le vendait à 150-180€ avec un bloc de bonus, parce qu'elle pensait que ça ne suffisait pas, qu'il fallait mettre des noms, qu'il fallait en mettre plus.

Qu'est-ce qui a changé entre les deux ? Pas ses compétences. Pas son expertise. Juste la perception de sa propre valeur.

Jeremy résume parfaitement : "C'est pas toi qui décides si tu es légitime. C'est les gens en face. Moi, j'essaye de vendre le plus cher que je peux. Et la seule raison pour laquelle je vends pas plus cher, c'est parce que je vends pas. Ça vaut plus que ça, donc ils ne veulent pas."

"Vendre cher, c'est arnaquer les gens"

Celle-là, c'est la pire. Parce qu'elle te fait culpabiliser d'essayer de bien gagner ta vie. Elle te fait croire que si tu factures cher, tu es forcément un escroc.

Florian nuance : "Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui vendent du high-ticket pour le côté 'je vais essayer de tirer le maximum de sous'. Est-ce que vraiment la formation, le produit, le service vaut vraiment ce prix-là ?"

Il a raison d'être vigilant. Il y a effectivement des arnaques dans le monde du business en ligne. Des formations bidons vendues des milliers d'euros avec du contenu qui vaut 3€. Mais Jeremy recadre : "C'est ok de vendre le plus cher possible, du moment que derrière, tu es capable de matcher la valeur. C'est ça le problème. Ce n'est pas le prix, le souci. C'est que le produit derrière, il est éclaté."

Donc non, vendre cher ce n'est pas arnaquer. Tant que tu livres une valeur équivalente ou supérieure au prix que tu factures.

Comment fixer ses prix en freelance : 4 méthodes qui marchent vraiment

Maintenant qu'on a dégommé les croyances limitantes, rentrons dans le concret. Comment fixer ses tarifs en freelance de manière stratégique pour pouvoir atteindre 80 000€, 100 000€ ou même plus par an ?

Voici 4 méthodes que j'utilise moi-même et que mes 3 invités experts appliquent au quotidien avec leurs clients.

1. L'équation de la valeur

Jeremy nous partage l'équation qu'il utilise pour fixer les prix de ses offres high-ticket. Et franchement, c'est brillant dans sa simplicité. Ton prix existe dans un contexte. Ce contexte, c'est :

  • Le niveau de désirabilité : À quel point ton client veut réaliser cette transformation ?
  • Les chances de succès : Quelle probabilité qu'il y arrive vraiment avec ton aide ?
  • La vitesse : En combien de temps il va obtenir le résultat ?
  • Le niveau d'efforts et de sacrifices : Combien ça va lui coûter en temps, énergie, etc. ?

Plus la désirabilité est haute, plus les chances de succès sont élevées, plus c'est rapide et moins ça demande d'efforts, plus tu peux facturer cher.

Mais ce n'est pas tout. Jeremy ajoute une dimension cruciale : le coût de non-résolution.

"Combien ton client économise en temps, argent, énergie, bonheur, problème, fausse solution ? Combien il gagne ? Qu'est-ce que ça change dans sa vie ?"

Il donne un exemple concret : "Imagine quelqu'un qui dépense à peu près 7000€ dans l'année en alcool. Si tu vends un coaching 2000€ pour l'aider à arrêter de boire, ce n'est pas cher du tout. Il y a ce coût de non-résolution. Et plus tu prends ce coût de non-résolution dans la durée, plus la douleur augmente, plus ton prix peut être élevé."

C'est exactement ce que fait Florian avec ses consultations à 400€. Quand un client arrive en panique parce que les impôts lui réclament 24 000€, qu'il ne dort plus, qu'il ne sait pas ce qu'il a mal fait, qu'il pense qu'il va devoir tout payer tout de suite... Est-ce que 400€ pour dormir de nouveau, c'est cher ?

Non. C'est une affaire en or.

2. Le seuil de décision corporate (la méthode des 4000€ pour vendre sans négociation)

En entreprise, il existe des seuils de décision budgétaire. En dessous d'un certain montant, un chef de service peut valider un achat sans passer par le big boss. Au-dessus, il faut plusieurs rounds de discussions, de validations, de négociations.

Le seuil qu'on a identifié empiriquement ? 4000€.

En dessous de 4000€, un chef de service peut organiser n'importe quelle formation pour tester avec son équipe marketing, claquer le budget comme ça, sans demander l'autorisation à personne.Au-dessus de 4000€, ça devient compliqué. Cycle de vente long, plusieurs interlocuteurs, négociations sur le prix.

Donc si tu vends en B2B, un vrai B2B (pas un infopreneur CEO de lui-même avec zéro employés), ton pricing idéal se situe juste en dessous de ce seuil. Mettons 3000 ou 3500€. Comme ça, tu maximises ton tarif tout en gardant un processus de vente ultra-rapide. C'est un no-brainer pour ton client.Si tu te positionnes au-dessus, oui, tu gagnes plus par client. Mais combien de temps tu passes dans la vente ? Combien de prospects tu perds en route parce que le processus est trop lourd ?

C'est un arbitrage à faire en fonction de ton business model.

3. Le pricing adapté à ton business model (bootcamp, mastermind, membership)

Voici un truc que beaucoup de freelances ne captent pas : ton prix n'est pas juste un chiffre au hasard. Il doit être cohérent avec le format de ton offre.

Je vois souvent des gens qui me demandent : "Combien je dois vendre mon truc ?" Et ma première question, c'est : "C'est quoi ton format ?"

Parce que tu ne vas pas mettre le même prix sur un PDF, un bootcamp, un mastermind ou un accompagnement one-to-one. Voici les fourchettes que je recommande :

  • PDF ou petit produit digital : 10 à 100€
  • Formation en ligne : 100 à 500€
  • Bootcamp intensif : 3000 à 6000€
  • Mastermind annuel : 10 000€ minimum (et ça peut monter beaucoup, beaucoup plus haut)
  • Accompagnement one-to-one premium : 4000€ et plus

Si tu essayes de vendre un PDF à 3000€ ou un bootcamp à 100€, tu vas te planter. Parce que ton marché a des attentes implicites sur ce que devrait coûter chaque format.

Mylo a vécu exactement ça. Elle vendait un programme à vie à 240€. Mais un programme à vie, ça devrait coûter combien ? Clairement plus que 240€. D'où le manque de crédibilité.

Quand elle est passée à un accompagnement one-to-one à 4444€, d'un coup, c'était cohérent. Le format justifiait le prix.

4. La prime de pénibilité (la méthode de Florian pour les clients relous)

Florian nous partage une technique qu'il utilise et que je trouve absolument géniale : la prime de pénibilité théorique.

"Je me suis dit : maintenant, avec les administrations, je mets un petit tarif de pénibilité. Je sais de base que ça va être pénible et long. Donc je mets un prix qui va filtrer."

L'idée, c'est simple. Si c'est un client ou un projet qui ne te fait pas vraiment kiffer, tu mets un prix tellement élevé que 99% du temps, on va te dire non. Et c'est très bien comme ça. Mais une fois de temps en temps, par hasard, il y en a un qui finit par dire oui. Et là, à ce prix-là, tu es OK de te faire chier.

Un de mes potes qui fait du streaming a exactement cette stratégie. Il a des prix normaux pour les marques qu'il aime bien et avec qui il a envie de bosser. Et il a des prix de malade pour les marques ou les événements où il a la flemme d'aller. Des prix genre "je vais te facturer tellement cher que tu vas forcément refuser".

Sauf que des fois, ils acceptent. Et là, tant pis pour eux, ils vont payer le prix fort.

Comment augmenter ses prix en freelance sans perdre tous tes clients

OK, admettons que tu sois convaincu. Tu comprends que tes prix sont trop bas. Tu as identifié la méthode que tu veux utiliser pour fixer tes nouveaux tarifs. Mais maintenant, la grande question : comment augmenter ses prix en freelance sans que tous tes clients actuels se cassent ?

La stratégie de l'indexation annuelle automatique

Florian nous balance une stats qui m'a choquée : "C'est incroyable que les freelances n'aient pas le réflexe d'augmenter leurs prix tous les ans. Moi, quand je bossais en B2B, on montait nos prix tous les ans, point. Indexé sur l'inflation."

C'est tellement logique. Chaque année, l'inflation grignote ton pouvoir d'achat. Si tu n'augmentes pas tes tarifs au minimum de l'inflation, tu te payes une baisse de salaire déguisée.

Donc voici la règle simple : augmente tes prix d'au moins 3 à 5% tous les ans. Automatiquement. Sans te poser de questions. Pour tes nouveaux clients, c'est facile. Tu leur annonces directement ton nouveau tarif. Pour tes clients existants, tu leur envoies un email 2 ou 3 mois avant l'augmentation pour les prévenir. Tu leur expliques que tes tarifs évoluent, que tu continues à investir dans ta formation, dans ton équipement, dans la qualité de ton service. Et que par conséquent, à partir du 1er janvier (ou n'importe quelle date), tes nouveaux tarifs seront X.

La plupart du temps, ils vont accepter sans broncher. Surtout si tu les as bien servis et qu'ils sont contents de toi.

Le filtrage naturel : perdre des clients, c'est une bonne nouvelle

Augmenter tes prix, ça fait le tri. Et c'est une excellente chose.

Parce que les clients qui partent à cause d'une augmentation de 20 ou 30%, ce sont généralement pas les meilleurs clients. Ce sont ceux qui sont les plus chiants, les plus exigeants, ceux qui négocient sur tout, ceux qui paient en retard. Les bons clients, ceux qui voient vraiment la valeur de ce que tu apportes, ils restent. Ou alors, ils négocient peut-être un petit peu, mais ils restent.

Et tu sais quoi ? Avec moins de clients mais à des tarifs plus élevés, tu vas probablement faire autant voire plus de chiffre d'affaires. Tout en travaillant moins et avec des clients plus agréables.

Florian en a fait l'expérience directe quand il a doublé ses tarifs : "J'ai perdu des clients, mais maintenant j'ai des gens qui avaient des soucis un peu plus complexes, des questions un peu plus profondes. Je fais moins de clients, mais je fais plus de chiffre d'affaires."

Le deuil des clients du passé

Il faut que tu intègres un truc essentiel : tes clients d'aujourd'hui ne seront pas forcément tes clients de demain. Et c'est normal.

Tu n'es plus la même personne qu'il y a 2 ans. Tu as progressé. Tu as accumulé de l'expérience. Tu sers mieux tes clients. Il est donc parfaitement normal que tes tarifs évoluent. Et si certains de tes anciens clients ne peuvent plus se permettre tes nouveaux tarifs, ce n'est pas grave. Ils trouveront quelqu'un d'autre qui est au niveau de tarifs où toi tu étais il y a 2 ans.

C'est le cycle naturel de l'évolution d'un freelance vers un solopreneur rentable.

Comment assumer tes prix (même quand tu as l'impression de vendre trop cher)

La partie la plus dure, ce n'est pas de fixer tes tarifs. C'est de les annoncer sans bégayer, sans te justifier pendant 10 minutes, sans proposer spontanément une remise "parce que tu es sympa".

Alors comment tu fais pour assumer tes prix, même quand une petite voix dans ta tête te dit que c'est trop cher ?

Technique 1 : Voir la valeur réelle que tu délivres

Jeremy nous partage sa technique : "C'est se rendre compte de la valeur réelle que tu livres."

Il prend l'exemple de Florian avec ses consultations à 400€ : "T'as des personnes qui ont des problématiques de micro-entreprise. Imagine, la personne, les impôts viennent de lui livrer un courrier de 24 000€. Elle ne comprend pas ce qu'elle a mal fait. Elle pense qu'elle va devoir payer tout de suite. La personne ne dort plus. Les problèmes financiers, c'est le truc qui t'empêche littéralement de dormir. Elle n'a aucune réponse. Tous les gens qui lui proposent des solutions lui proposent des solutions à 5000, 10 000, 25 000€. Est-ce que tu trouves toujours que 404€, c'est trop cher quand la personne dort grâce à toi de nouveau ?"

Évidemment que non. Donc avant chaque call commercial, avant chaque devis, prends 5 minutes pour lister la valeur réelle que tu vas apporter à ce client. Combien il va économiser ? Combien il va gagner ? Quel problème ça va résoudre ? Quelle douleur ça va enlever ? Quel rêve ça va réaliser ?Quand tu vois la valeur réelle, annoncer ton prix devient beaucoup plus facile.

Technique 2 : Construire ton mur de la victoire

Avec Jeremy, on utilise tous les deux cette technique : garder une trace de tous les retours positifs de tes clients.

Perso, j'ai mon petit mur des avis clients. Des fois, je scroll sur Trustpilot, ça me fait du bien.

Jeremy lui : "J'ai un Slack en interne avec un canal Victoire où les customer success managers viennent mettre chaque victoire qui arrive, pour qu'on se rappelle de ce qu'on fait. Obligé, parce que sinon tu te focalises que sur le 1% des gens avec qui ça se passe mal."

Donc crée-toi un dossier, un canal Slack, un fichier Google Doc, peu importe. Et à chaque fois qu'un client te dit merci, qu'il te fait un retour positif, qu'il te dit que tu as changé sa vie ou son business, tu le notes. Et avant d'annoncer tes tarifs à un prospect, tu relis ce mur de la victoire. Ça va te rappeler pourquoi tu vaux ce prix-là.

Technique 3 : L'exercice du chiffre qui te contracte

Mylo nous partage un exercice ultra-puissant pour identifier tes blocages autour de l'argent.

"Regardez le chiffre avec lequel vous êtes le plus à l'aise de dire. Et au fur et à mesure que vous montez le chiffre, vous allez voir que si votre corps commence à se contracter, plus vous montez le chiffre, c'est là où il faut être de plus en plus à l'aise."

Essaye maintenant. Dis à voix haute : "Mon tarif, c'est 500€."

Ça va ? Tu te sens comment dans ton corps ?

Maintenant dis : "Mon tarif, c'est 1000€."

Et maintenant : "Mon tarif, c'est 5000€."

À quel moment tu as senti une contraction ? Une gêne ? Un malaise ? C'est ton plafond actuel. C'est le montant au-dessus duquel tu  ne te crois pas encore capable de recevoir.

Et pour repousser ce plafond, il faut que tu t'exposes progressivement à des chiffres plus élevés. Que tu t'habitues à les dire, à les écrire, à les visualiser sur ton compte en banque.

Mylo raconte : "Pendant très longtemps, quand je passais devant les Galeries Lafayette ou même dans un magasin de luxe, je n'osais même pas regarder la vitrine. C'est à dire que je ne me croyais même pas capable de pouvoir envisager un jour d'acheter. Et ça en dit beaucoup sur ce que tu es capable de recevoir."

Aujourd'hui, elle facture 4444€ pour un accompagnement de 8 semaines. Mais pour en arriver là, elle a dû faire tout un travail sur son rapport à l'argent.

Les pires erreurs de pricing à éviter absolument

Avant de conclure, je veux qu'on parle rapidement des erreurs de pricing les plus catastrophiques que j'ai vues. Parce qu'on a tous fait des conneries monumentales au début. Et si je peux t'éviter de reproduire les mêmes, ça t'économisera des années de galère.

L'accompagnement illimité à prix dérisoire

Jeremy nous raconte son pire souvenir : "J'ai vendu un accompagnement asso à l'époque où je travaillais énormément pour 200€ par mois. La personne, je l'avais au téléphone 3h par semaine minimum parce qu'elle paniquait pour tout, sans compter le temps de travail que moi j'y mettais. Si je ramène ça à mon taux horaire, j'aurais mieux fait d'aller chez McDo."

L'erreur, c'est le mot "illimité". Dès que tu mets ce mot dans ton offre, tu te condamnes à te faire bouffer tout ton temps. Parce qu'il y aura toujours des clients pour en profiter. Des clients qui vont te solliciter sans arrêt, qui vont te poser 50 questions par jour, qui vont te demander des petits trucs en plus "qui prennent pas de temps".

Donc règle numéro 1 : si tu vends une offre illimitée, mets un prix qui reflète vraiment la charge de travail maximale possible.

Empiler les bonus pour justifier le prix

Mylo nous confesse : "J'avais un programme à 240€ que je n'ai jamais vendu 240€. Je le vendais à 150-180€ avec un bloc de bonus parce que je pensais que ça ne suffisait pas, qu'il fallait mettre des trucs en plus."

Je me reconnais complètement dans cette erreur. Pendant longtemps, j'acceptais des trucs complètement abusés. Des gens qui étaient dans mon bootcamp pendant 3 mois, et j'acceptais de les aider encore 2 ans après. À un moment, je me suis dit : "Meuf, arrête ! Parce qu'après, limite, je me faisais engueuler parce que je répondais pas sur WhatsApp à un truc qui datait d'un an."

Le problème, ce n'est pas le prix. C'est que derrière, tu mets trop de sur-qualité, trop de bonus pour justifier tes tarifs. Ce qui prouve que tu n'es pas à l'aise avec ton prix de base.

Si tu as besoin d'empiler 15 bonus pour que ton offre soit "acceptable", c'est que ton prix n'est pas le bon. Ou que ton offre de base n'est pas assez solide.

Accepter des clients en dessous de ton tarif minimum

Florian nous raconte qu'au début, il acceptait des vidéos sponsorisées pour les administrations à 600€, avec des allers-retours interminables, des validations par N+1, N+2, N+3.

Aujourd'hui, il a compris : "Maintenant, avec les administrations, je mets un petit tarif de pénibilité. Si je sais de base que ça va être pénible et long, j'ajoute une prime."

Moi aussi, j'ai fait cette erreur. Accepter de donner un cours dans une école de commerce pour 60€. Quand tu calcules le temps de préparation, le temps de trajet, le temps d'intervention, tu te rends compte que tu travailles à perte. Donc fixe-toi un tarif minimum en dessous duquel tu n'acceptes plus aucune mission. Même si c'est pour un "bon client". Même si c'est pour te "faire connaître". Même si c'est une "belle référence".

Si c'est en dessous de ton minimum, c'est non.

Conclusion : de 30 à 400€ de l'heure, c'est possible (mais ça ne se fera pas tout seul)

Voilà, tu as maintenant toutes les cartes en main pour fixer tes tarifs en freelance de manière stratégique et arrêter de te sous-facturer comme un débutant.

Florian est passé de 60€ à +400€ de l'heure en 8 ans. Mylo est passée de 150€ à 4444€ pour un accompagnement. Jeremy aide des freelances à multiplier leurs prix par 100 avec la même expertise.

Tout ça, ce n'est pas de la magie. Ce n'est pas réservé à une élite. C'est juste le résultat d'une compréhension profonde de la valeur, d'un travail sur tes croyances limitantes et d'une stratégie de pricing cohérente.

Les 3 choses à retenir :

  1. Ton prix ne doit pas être basé sur tes coûts, mais sur la valeur que tu crées. Utilise l'équation de la valeur de Jeremy, identifie le coût de non-résolution, et facture en conséquence.
  2. Augmente tes prix régulièrement. Au minimum, indexe sur l'inflation tous les ans. Et quand tu progresses en compétence ou en résultats clients, n'hésite pas à faire des bonds plus importants.
  3. Travaille ton mindset autour de l'argent. Tant que tu auras des croyances limitantes du genre "vendre cher c'est arnaquer" ou "je ne suis pas légitime", tu resteras coincé à des tarifs médiocres.

_____________________________________________________________________________________

🎢 Envie d'apprendre à fixer tes prix, créer des offres scalables et sortir de la vente de ton temps ? Dans l'Incubateur Solopreneur, +300 freelances ont appris à vendre premium et à construire un business rentable et durable : https://leboard.systeme.io/incubateur-vsl.

undefined

_____________________________________________________________________________________

➡️ Si tu veux aller plus loin sur le sujet, écoute l’épisode complet sur Solo Nation avec Mylo, Jeremy Kohlmann et Florian Charpentier :

Reste connecté(e) : Abonne-toi à la newsletter du Board

Pour recevoir plus de conseils exclusifs, de ressources et d’astuces pour solopreneurs et freelances, n’oublie pas de t’abonner à la newsletter Solopreneur. Tu y trouveras chaque semaine des outils pratiques et des inspirations pour booster ton solo business !


👋 Moi, c'est Flavie Prévot.

Si tu me découvres avec cet article, je suis une ex-dirigeante devenue solopreneure et j'ai créé Le Board, le podcast N°1 des solopreneurs en France, écouté par +500.000 indépendants. J'ai fondé le premier incubateur pour solopreneurs de France, pour aider les freelances à sortir de la vente du temps en devenant des solopreneurs sereins, qui génèrent des revenus réguliers et confortables. 

🎧 Abonne-toi au podcast Le Board

💌 Abonne-toi à ma newsletter Solopreneur 

🎢 Rejoins l'Incubateur Solopreneur 


A lire aussi



Tous droits réservés - Flavie Prévot - Le Board - Crédit photo : Anne-Elisabeth Fady